Un groupe demande à nouveau la création d'un centre d'injection supervisé à Ottawa

Le débat au sujet d'un centre d'injection supervisée au centre-ville d'Ottawa refait surface. Un groupe de personnes a fait du porte-à-porte, samedi, pour sensibiliser la population du marché By à la nécessité d'un tel centre.

Le groupe, qui compte une douzaine de bénévoles, sollicite des appuis. Déjà, ils ont amassé près de 2000 signatures sur une pétition pour la création d'un endroit où les toxicomanes pourraient s'injecter de la drogue sous la supervision d'un employé. Ces bénévoles proviennent de différents milieux, dont le système de santé et les services sociaux. Le groupe compte également d'anciens toxicomanes.

L'infirmière auxiliaire Emma Ferguson fait partie du groupe. Selon elle, un centre d'injection pourrait améliorer la santé de la population.

« Je vois souvent le besoin d'avoir des sites pour protéger la santé de la communauté. » — Emma Ferguson, infirmière auxiliaire

Pour sa part, le coordonnateur de la campagne, Chris Dalton, indique que le marché By compte trois des plus importants refuges d'Ottawa. « Nous voulons aider les sans-abris qui consomment de la drogue, car en ce moment, ils le font dans des lieux publics, comme des toilettes », explique-t-il.

Le groupe parle d'une véritable crise dans la capitale fédérale. Ils citent plusieurs surdoses, des infections, mais surtout l'augmentation des cas d'hépatite C et de VIH. Ils s'appuient sur une étude signée par deux chercheurs ontariens l'an dernier. Ceux-ci recommandaient la création de deux centres d'injection à Ottawa.

Ces arguments sont loin de convaincre le voisinage. Le courtier immobilier John O'Sullivan soutient que « donner des aiguilles, c'est comme donner de la drogue ». Il dit avoir peur que la création d'un tel centre encourage les activités illégales.

Le maire d'Ottawa, Jim Watson, et le chef de police, Charles Bordeleau, croient eux aussi qu'un centre d'injection n'est pas la solution à la toxicomanie. M. Watson souhaite plutôt la création de centres de traitement pour les jeunes toxicomanes.

« La position du service de police d'Ottawa n'a pas changé. [...] C'est la sécurité de notre population qui est primordiale. » — Charles Bordeleau, chef de police d'Ottawa

Le groupe de bénévoles va poursuivre le porte-à-porte au cours des prochaines semaines. Les membres veulent cibler d'autres quartiers afin d'obtenir un maximum de soutien au sein de la population pour faire plier les élus.

By Catherine Lanthier
Source: Radio-Canada.ca